Critique du film Les recettes du bonheur

À mon sens, le plus important se passe dès la première minute de ce film. On voit apparaître, pendant une fraction de seconde, la mention Abou-Dabi. C'est probablement le financeur du film, lequel est signé Spielberg. L'histoire en elle-même n'est ni bonne ni mauvaise, elle est mièvre, du style de Pokémon. Une famille d'Indiens arrive en France et monte un restaurant. D'abord réticente, la population est conquise... et l'histoire se termine par le mariage du fils indien, qui a beaucoup de goût, avec une ravissante Française. (L'histoire ne dit pas s' "ils eurent beaucoup d'enfants", comme dans les contes de fées !) Comme l'action se passe dans un charmant village près de chez moi, je suis allé voir le film... mais je suis sorti au bout d'une demi-heure !

Pourquoi ? C'est un film de propagande, révoltant de niaiserie et de parti-pris. Par exemple, où a-t-on vu un poissonnier refusant de vendre sa marchandise à un client parce qu'il est indien et étranger ? D'ailleurs, le refus de vente est interdit par la loi en France. La patronne du restaurant d'en face est décrite comme hautaine et cassante, ce qui ne l'empêche pas de succomber au charme des Indiens, et tout à l'avenant. Ce film est destiné à nous culpabiliser, à nous persuader que "l'immigration est une chance pour la France" et que le métissage est joyeux et constitue une "recette du bonheur". Quand on voit comment le Qatar traite les étrangers, qui ne peuvent même pas sortir du pays, sinon en abandonnant tous leur biens, on reste perplexe.

Ce qui m'a peiné le plus, c'est de voir la réaction des gens autour de moi. J'ai bien été le seul à sortir au cours du film. Il est vrai que les spectateurs venaient surtout, comme moi, pour voir les magnifiques photos de leur village. Mais ils gobaient toutes ces balivernes avec délectation et ils étaient contents d'être dupés. J'ai regardé sur Internet les critiques de ce film : tout au plus concèdent-elles que le film est mièvre, mais aucune ne semble voir l'action psychologique exercée contre nous. Quand un peuple atteint ce degré d'aveuglement et d'abandon, il est mûr pour l'esclavage.