I. Court résumé de mon livre Plotin aujourd'hui, sous-titre : Plotin ou l'enchantement du monde ?

J'ai publié ce livre moi-même en 2001. Je ne me rappelle plus si j'en ai envoyé un exemplaire à Lucien Jerphagnon. En 2011, je me suis de nouveau intéressé à cet auteur et je lui ai envoyé le message suivant. Hélas ! son épouse m'a répondu qu'« il était à l'hôpital en soins palliatifs ». Je ne saurai donc pas quelle aurait été sa réaction. Je rappelle que douze universités américaines ont acheté ce livre, pas une seule en France, et qu'à l'exception de deux ou trois amis, je n'en ai eu aucun écho, à l'exception notable de Bernard d'Espagnat dont on peut lire la lettre ici :
http://r.garrigues.pagesperso-orange.fr/fr/textesrecents/lettre_bernard_d_espagnat.htm


Monsieur,

En 1986, nous avons échangé une correspondance à propos de votre livre Julien l'Apostat.

En 2001, j'ai publié Plotin aujourd'hui, sous-titre : Plotin ou l'enchantement du monde ?
Deux idées neuves sont dans ce livre :
1. La philosophie de Plotin dérive de la première hypothèse du Parménide de Platon : l'Un (ou Dieu) est mais n'existe pas. Un peu comme la force de gravité, il est tout entier en chaque être, à tout moment, etc. Cette idée, à peine pensable, est en accord avec la moderne théorie physique de la non-séparabilité, prouvée par Bernard d'Espagnat, spécialiste de la mécanique quantique, lequel reconnaît la parenté de cette théorie avec la philosophie de Plotin (chapitre 1).
2. Dieu est responsable du mal. Le mal, c'est l'existence, au sens étymologique où je la définis. Dieu, en langage anthropomorphique, s'amuse de nous. Cf. ici Schopenhauer (chapitre 5).

Je tiens ce livre à votre disposition, si cela vous intéresse. Vous pouvez aussi le lire sur mon site :
http://r.garrigues.pagesperso-orange.fr/fr/02/plotin_aujourdhui.pdf

Bonne lecture !
Respectueusement,

René Garrigues

II. Suite : suis-je un spécialiste ?

Un spécialiste est généralement un universitaire qui connaît tout de son auteur, mais ne connaît guère autre chose et je ne suis qu'un amateur éclairé. Mais, même si j'ai passé des années à étudier Plotin, j'ai traité bien d'autres thèmes, en liaison avec celui-ci, ainsi que doit le faire un philosophe. Kant n'était pas un spécialiste de Spinoza, Descartes n'était pas un spécialiste d'Aristote – les mauvaises langues disent même qu'ils n'y ont rien compris – mais chacun d'eux a fait progresser notre vision du monde.