Maurice Allais : abrégé pour les nuls !

MAURICE ALLAIS est né en 1911 et mort en octobre 2010. Ses parents tenaient une petite épicerie. Son père est mort à la guerre en 1915. Sa mère a fait des sacrifices pour lui faire faire des études. Il fut major de Polytechnique et prix Nobel d’économie, mais encore historien et physicien (il a monté une expérience qui montre une faille dans la théorie de la relativité). Ses derniers livres sont peu techniques, écrits pour tous, lisibles par tous et utiles à tous. Mais ils sont censurés par les médias, donc inconnus du public. C’est pourquoi il faut diffuser sa pensée autant que possible. On s’intéressera ici aux trois causes principales du chômage, selon Maurice Allais : la mondialisation, la spéculation et l’immigration, et au rôle obscurantiste et corrupteur des médias dans leur ensemble.

LA MONDIALISATION abolit les frontières et permet aux multinationales de faire fabriquer des objets plus ou moins nécessaires et beaucoup de gadgets dans les pays à bas salaires et de les revendre dans les pays occidentaux en faisant d’énormes profits, en mettant au chômage des populations de plus en plus nombreuses et en ruinant les infrastructures. Elle fait la fortune des intermédiaires et ne fait baisser que faiblement les prix de la société de consommation. Un exemple de ce marché de dupes : un tee-shirt arrive de Chine au prix de 2,60 euros, il repart de la société importatrice au prix de 8 euros, le commerçant le vend 33 euros (mais il a 80 % de charges !) Tout le monde s’en met plein la poche, sauf le consommateur et le chômeur. Il est vital d’établir une protection à l’égard des pays à bas salaire pour rendre nos produits de meilleure qualité compétitifs, tout en laissant le marché libre à l’intérieur de la communauté européenne. Par exemple, l’agriculture et la pêche peuvent être sauvées sans subventions, à condition de ne plus être tributaires des prix mondiaux et des importations sans frein.

LA SPÉCULATION internationale est comme un parasite qui pompe les forces vives d’une nation. En effet, l’argent n’est pas la richesse mais représente la richesse. Mais de même que la langue peut exprimer la vérité ou le mensonge, de même l’argent peut représenter une richesse réelle ou fictive. C’est pourquoi le spéculateur peut acheter à crédit une richesse réelle avec une richesse fictive et cet échange est un vol, une duperie favorisée par les banques et la mondialisation, qui met à mal les entreprises productrices de biens réels et provoque le chômage et la ruine d’un pays. Les banques sont utiles quand elles permettent l’investissement ; nuisibles quand elles pratiquent la spéculation (avec la complicité des gouvernements, qui pourraient l’interdire). Le capitalisme est utile : pour édifier un mur, on a besoin d’un capital de pierres et de savoir en matière de maçonnerie ; mais le capitalisme financier est un mur de papier qui ne peut que s’effondrer, entraînant dans sa chute ceux qui se sont appuyés sur lui. « On ne saurait soutenir que les flux spéculatifs se justifient par le fait que les capitaux se déplacent là où la productivité marginale des investissements est la plus grande » écrit Allais. C’est le grand argument des capitalistes au mauvais sens du terme, ou de leurs suppôts, comme Attali ou Minc : il suffit de laisser faire le marché pour qu’il se régule tout seul. Or, il est nécessaire que l’État règle le jeu et assure la loyauté de la compétition, de même que sur un terrain de football, l’arbitre ne joue pas mais évite les mauvais coups. Eh bien ! Maurice Allais propose une troisième voie, entre libéralisme intégriste et communisme dirigiste.

« L’IMMIGRATION étrangère massive à laquelle on a délibérément procédé n’a eu d’autre résultat que de déprimer les salaires réels français correspondant aux emplois les plus modestes, de susciter le chômage et de faire supporter par la collectivité française de nouvelles charges. » D’après d’autres économistes, la charge globale pour la France de l’immigration équivaut à peu près au poids de la dette ! J’ajoute que finalement, le plus mauvais service que l'on puisse rendre aux chômeurs, c'est de leur donner le RMI ou le RSA et de faire faire leur travail par des immigrés ! En fait, quand Juppé réclame davantage d’immigrés, ce n’est pas parce que les Français ne veulent pas faire certains travaux, c’est au contraire pour faire baisser les salaires. Ah ! le bon apôtre !

« LA POLITIQUE d’un recours massif à l’immigration, pratiquée en faveur de l’industrie, par Georges Pompidou [ancien fondé de pouvoir de la banque Rothschild !] a constitué une immense erreur. » Il y a eu ensuite le regroupement familial en 1976, sous Giscard d’Estaing et Chirac, puis, sous Mitterrand, la suppression de la loi de 1932 instituant la priorité de l’emploi en faveur des travailleurs nationaux, puis la suppression de la subordination de l’entrée des immigrés à l’obtention préalable d’un emploi. Aujourd’hui, seulement 5 % des immigrés entrent en France avec un contrat de travail. Toutes ces lois ont été prises sans référendum, sans l’accord du peuple, nous ne sommes donc pas en démocratie et la révolution serait légitime. « En fait [depuis 1974], la France [disons plutôt nos représentants qui ne nous représentent plus] n’a pas cessé de se détruire elle-même. » Vu à la télé (c’est moi qui l’ajoute) : piquées par leurs ennemis qui leur instillent une hormone appropriée, certaines fourmis prodiguent tous leurs soins à la larve de leur prédateur d’où sortira la guêpe qui les détruira !

« LES MÉDIAS ne sont pas libres. Ils sont sous la domination totale de groupes de pression acquis aux thèses mondialistes [les hommes politiques aussi, plus ou moins directement !] » Rothschild est majoritaire dans le capital de Libération et les journaux ne vivent que par la « publicité » dispensée par les multinationales. « En réalité, la démocratie n’est plus qu’une façade derrière laquelle agissent constamment des mafias de toutes sortes, poursuivant des objectifs qui, s’ils étaient réellement connus, seraient rejetés par la presque totalité du peuple français. Il est pratiquement interdit de mettre en question la mondialisation des échanges comme cause du chômage. » C’est pourquoi Maurice Allais, qui a prévu et décrit la crise actuelle, ne passe jamais à la télévision, ce distributeur automatique de tranquillisant culturel. Il a eu droit avant sa mort à un article fielleux dans Le Monde qui se termine ainsi « Allais, oui, mais Alphonse Allais ! » Avec ça, les lecteurs sont bien renseignés ! Autre exemple : dans le livre L’argent, Jacques Attali cite une centaine d’auteurs, parfois de vingt-huitième importance, mais le nom d’Allais (Maurice) n’apparaît ni dans la bibliographie, ni dans le corps du texte !

DIAGNOSTIC ET CONCLUSION. « En fait, les politiques mises en œuvre depuis 1974 ont contribué pour une large part au développement de l’insécurité, de la violence, et de la criminalité dans la société française, tout particulièrement dans les banlieues. [...] En engendrant des inégalités croissantes et la suprématie partout du culte de l’argent avec toutes ses implications, le développement d’une politique de libéralisation mondialiste anarchique des échanges a puissamment contribué à la désagrégation morale des sociétés occidentales. » Par exemple, la pornographie est un acte politique, en ce qu’elle désagrège la famille et affaiblit les défenses morales et sociales !
« La crise de la société française est bien plus grave, plus profonde, plus chargée de dangers qu’on ne se l’imagine communément. Peu à peu, elle dérive vers des situations intolérables, où la rue, habilement manipulée par des démagogues experts dans la psychologie et le maniement des foules [par exemple Besancenot], peut nous mener à de profonds désordres. […] Les mesures préconisées par une Europe irresponsable et incontrôlée ne peuvent que compromettre la survie des nations européennes et les dissoudre dans un ensemble inéluctablement condamné à l’instabilité de tout État totalitaire. »