LETTRE À MON PROVISEUR, le 29 décembre 1997
(Peut servir de modèle aux collègues désireux de témoigner leur fidélité pédagogique à leur chef d'établissement, à l'occasion des voeux pour la Nouvelle Année.)

 

Monsieur le Proviseur,


Comme chaque année et jusqu'à la fin de ma vie, je viens humblement vous présenter mes voeux de longévité pédagogique. Puisse 1998, à Vichy comme ailleurs, asseoir votre infaillible autorité, si nécessaire au progrès de la culture et de la paix entre les hommes ! Vous avez fait le bonheur aussi bien des élèves que de leurs maîtres, dont vous avez toujours su habilement défendre la noble mission. Vos ordres si pertinents, dictés par votre intelligence si aiguë, ont été diffusés dans une langue claire et impeccable. En ce qui me concerne particulièrement, vous avez discerné l'écrivain dès votre arrivée, vous m'avez soustrait à la grande armée pédagogique et aiguillé immédiatement vers une retraite socratique, selon votre haute conception des droits de l'homme, du citoyen et de l'écrivain.

C'est pourquoi je vous prie d'agréer, Monsieur le Proviseur, l'expression de mon énorme considération et de ma repentante admiration, et je forme le voeu qu'un jour peut-être celui qui a réalisé tant de belles choses au mépris de tout intérêt personnel ou de carrière, soit récompensé par un prix Nobel de la paix !

René Garrigues