Comment se fait-il que les Français soient si cons ?

Je n’en sais rien, c’est incompréhensible… et de quel droit je me permets d’insulter mes semblables, beaucoup plus intelligents que moi ?

Ils sont bricoleurs, ils savent tout faire de leurs mains, non pas un Français, mais des quantités tout autour de moi, alors que je ne sais pas planter un clou. Ils ont des mathématiciens subtils, de grands savants, des prodiges de toutes sortes, ils manipulent le code génétique, ils envoient des hommes dans l’espace…

A côté de ça, ils ne voient pas l’évidence, qu’ils sont envahis, qu’ils seront massacrés, qu'ils sont trahis par l'intelligentsia qui les gouverne, et que pour l’instant les salaires seront baissés, les impôts augmentés d’une manière faramineuse, leurs filles baisées, violées par ces traîne savate sans emploi, puisque par ailleurs les Français délocalisent… en Tunisie ! Ils croient tout ce que leur racontent leurs médias, leurs merdias, et ils se laissent museler comme des toutous. Ils se bouchent les oreilles et les yeux et ils s’ouvrent largement à l’envahisseur.

Comment tant d’intelligence d’un côté, et tant de bêtise crasse de l’autre ? Une fois de plus, le langage vient à mon secours. Le mot qui m’est venu à l’esprit n’est pas : intelligent, ou son contraire : sot, débile, idiot, obtus, demeuré, mais : con. Alors, comme d’habitude, j’ouvre mon dictionnaire. Non pas, pour une fois, l’excellent Robert en six volumes, trop pudibond (mais j’ai relevé pas moins de trente insultes à l’égard de nos douces compagnes, à l’article « femme »). Non, je lis sur internet, sur le site de Wikipédia, l’article « con », lequel me transmet les recherches du Trésor de la Langue Française du CNRS.

Et je découvre que con dérive du latin cunnus qui désigne en latin la femme, puis par métonymie un organe essentiel de la femme, le vagin, qui fait soupirer, transpirer, renifler, délirer les hommes, mais qui en même temps, d’après mon docte dictionnaire, est le symbole de « l’impuissance et la passivité du sexe féminin ».

Du coup, j’ai trouvé la réponse à mon problème jusque-là insoluble, tel qu'il est posé dans l'article suivant :
http://r.garrigues.pagesperso-orange.fr/fr/textesrecents/fripons_et_dupes_volontaires.htm

Je n’y crois pas moi-même. Pourquoi « la dupe veut être dupée » ? Parce qu’elle est con. Or, un con jouit, c’est bien connu. Les cons jouissent d’être enculés !

D’ailleurs, cette fois-ci, je suis d’accord avec les rappeurs :
« On nique la France
Faut leur en faire baver
[sic], v'là la seule chose qu'ils ont méritée. [...]
La France est une garce, n'oublie pas de la baiser jusqu'à l'épuiser.
[...]
Quand je vois la France les jambes écartées, j'l'encule sans huile. [...]
J’baiserai la France jusqu’à c’qu’elle m’aime.
» Ainsi « chantent » les rappeurs.

D’ailleurs, je ne suis pas le premier à dire que les Français jouissent d'être cons : Louis-Ferdinand Céline l’a déjà dit dans Bagatelles pour un massacre !

Ce qui est curieux dans ce raisonnement, c’est que j’ai trouvé la solution à une énigme métaphysique et politique en interrogeant le langage. Finalement, je me demande si toute ma philosophie ne serait rien d’autre qu’interroger le langage, particulièrement les langues grecque, latine, française, et le respecter, prendre ses avis. Non pas en tant qu’il est à mon service mais en tant que je suis à son service. Et surtout en tant qu’il a une existence mystérieuse, en soi, que ni moi ni même les hommes n'ont fabriquée, ainsi que l’a remarqué Schopenhauer dans l'article ci-dessous, et en tant qu'il est un relais incontournable pour accéder au réel !
http://r.garrigues.pagesperso-orange.fr/fr/textesrecents/quel_rapport_entre.htm

PS. Ce sera le mot de la fin et je n'écrirai plus. Personne ne lit mon œuvre mais ça m'est relativement égal. Je ne parle pas des objections rarissimes qui font progresser, mais de la louange ou du blâme, le plus souvent subjectifs et qui ne vont pas au fond des choses.
Ce silence complet de mes contemporains, probablement définitif – et con, car ils ne voient pas que j'écris pour les éclairer, les protéger, les édifier et pour guérir enragés – me donne au moins un avantage que même les rois n'ont pas : il me met à l'abri jusqu'à présent, comme le tribun de la plèbe dans l'ancienne Rome, des lois scélérates et anticonstitutionnelles contre la liberté d'opinion et d'expression que se laissent imposer mes con-citoyens. Ainsi, je peux penser, dire et imprimer ce que je veux, ce qui est ma joie et ma récompense. Tant que personne ne me lit, m'attaquer, me traduire en justice serait me faire connaître – et nos censeurs ne sont pas assez « cons » pour cela ! Comme disait Vidal-Naquet à propos d'un contradicteur : « Tant qu'un individu affirme quelque chose pour lui-même [sous-entendu que ce soit vrai ou faux], ça n'a aucune espèce d'importance [car la vérité n'a aucune importance]. Mais à partir du moment où il a une influence, c'est complètement différent et il faut réagir d'urgence. »
Toutefois, si les totalitaires sournois qui nous conduisent vers le néant voulaient me mettre en prison, je crois qu'il vaudrait le coup d'y aller. Il faut savoir être un héros, un héros de la résistance, quand les circonstances l'exigent. Après tout, le prince des philosophes a bu la ciguë dans la démocratie athénienne, et Spinoza est allé écrire sur la porte des assassins des frères de Witt : « Ultimi barbarorum »...

Mai 2011