Baudelaire contre le progrès

(Source inconnue)
Baudelaire prend la défense du seul romantique de l’autre côté de l’Océan (Edgar Poe, sa vie et ses œuvres, 1856): " Les États-Unis, écrit-il, furent pour Poe une vaste cage, un grand établissement de comptabilité. " ; " Il y a, depuis longtemps déjà, aux États-Unis, un mouvement utilitaire qui veut enchaîner la poésie comme le reste ". Poe a été " étouffé par l’atmosphère américaine ", par ce " monde goulu, assoiffé de matérialisme " qui est en même temps le monde du " débordement démocratique ". C’est encore Baudelaire qui crée le mot " américaniser " pour stigmatiser l’idée du progrès, " cette idée grotesque qui a fleuri sur le terrain pourri de la fatuité moderne " ; " La mécanique nous aura tellement américanisés, le progrès aura si bien atrophié en nous toute la partie spirituelle, que rien parmi les rêveries sanguinaires, sacrilèges, ou antinaturelles des utopistes ne pourra être comparé à ses résultats positifs."