Mythe d'Aphrodite et d'Athéna

A ma naissance, deux déesses étaient présentes autour de mon berceau : Aphrodite, la déesse de l'amour, et Athéna, la déesse de la philosophie. Athéna prit la parole la première et l'on sait qu'une telle parole scelle le destin d'un homme et que nul, pas même Zeus, ne peut plus rien y changer. "Je veux, dit-elle, que cet enfant ait l'intelligence du concept, qu'il jouisse de la lumière glacée mais incomparable de l'Idée pure. Je lui fais cadeau de l'entrée au séjour des dieux, pour qu'il vienne m'honorer. Il aura un accès au divin, que je refuse aux autres hommes." Mais les déesses ont beau être toutes-puissantes, elles n'en sont pas moins femmes ! En entendant ces paroles, Aphrodite piqua une terrible crise de jalousie et, toute en colère, déclara à son tour : "Puisque ma sœur a attaché à son service cet enfant des hommes en lui inspirant, pour la vie, un amour qu'elle refuse aux autres, je vais, moi, lui refuser ce que je donne à tous ses semblables, si imbéciles soient-ils. Les amours humaines lui seront interdites. Il n'aura pas la chaleur d'un sein humain pour se réchauffer. Il ne trouvera aucune source où étancher sa soif, sur l'aride terre des hommes. Je lui refuse le mol oreiller de la chair, son obscurité accueillante et l'hospitalité sur sa route, le repos, le somme aux liens de fer, l'oubli de la nuit."