LA FEMME-INSECTE

François Groslière nous présente dans ses peintures une Femme dans diverses positions ou occupations. C’est une Femme-Insecte. Elle a une taille de guêpe, une croupe et des cuisses impressionnantes, des seins plus que proéminents, mais aussi des membres antérieurs grêles, longilignes, anguleux. Le corps est surmonté d’une tête minuscule sur un cou démesuré, c’est en fait un appendice céphaloïde, ovoïde, sans yeux, nez ou oreilles, mais orné seulement d’une bouche rouge en forme de cœur de cerise.
Le corps de la Femme est composé de deux parties reliées par un isthme : d’une part, les attributs féminins, ronds, énormes, et d’autre part, les membres graciles comme des antennes, les pieds minuscules, la tête fragile, supportée comme une fleur sur une tige frêle.
Sur le tableau « La reine-abeille », le corps minuscule est un appendice sur une partie antérieure démesurée, comme chez la reine abeille qui porte toute la reproduction de la ruche.
« La Vierge aux cerises »
n’attire pas volontairement les hommes, elle n’est pas provocante. La Femme est portée par un élan intérieur, mue par une sève. Sa gourmandise est de bon aloi, sa récolte est honnête. Simplement, l’échelle rectiligne, d'un bleu lumineux, mène droit au paradis des cerises...
Le « Coup de soleil », c'est encore la Femme dominée par sa féminité. Le soutien-gorge, plein à craquer, tend à l'extrême l'une des bretelles, tandis que l'autre libère déjà le fruit lourd. Pas de pornographie : elle ne vend ni ne propose rien, mais de l'érotisme : elle est habitée par Eros, elle n'y peut rien, elle subit sa féminité.

« Sunrise », c'est la jeunesse, l'élan, le mouvement gracieux, l'extrême souplesse. Elle tourne complètement sur elle-même sa tête ovoïde et anonyme, seulement ouverte sur un magnifique trou rouge béant. Ses doigts sont immenses comme des antennes, décoratifs comme les palmes qui se balancent au vent.
« Saxo » est portée par la musique ou bien par sa coiffe parachute, elle flotte, ou bien elle vole comme un insecte dans le vent, ou bien encore elle est poussée vers le haut par sa robe immense qui se gonfle comme un ballon. Les doigts longilignes effleurent seulement le saxo, sans effort. Elle ne pèse pas, elle est l'élégance, la grâce, l'envolée.
« Rose in the wind » s'avance comme une reine, protégeant le trésor de l'immense robe où fleurissent les roses qui la composent.
La douceur beige du corps, la profondeur du noir de la robe et du foulard, la mollesse rose des fleurs épanouies se détachent sur l'élément où elle évolue, rouge, intense et uniforme.
Enfin, pour aller à ses « Rendez-vous », Hortense se redresse fièrement et superbement et offre avec générosité son corps de guêpe.
Au vernissage, j'entends une femme dire : « Les femmes ne sont pas comme ça dans la réalité. » Eh bien, si !
L'artiste (au nom prédestiné : « Gros », allié à « Lierre », la liane élancée) a souligné comme avec un instrument d’optique l’essence de la féminité, pour qu'elle soit plus perceptible à nos yeux, pour que nous ayons un meilleur contact avec la Femme, et que nous en éprouvions plus de joie.

Exposition de François Groslière, du 28 février au 28 mars 2009
Galeries Lafayette
Place de Jaude

Clermont-Ferrand


Texte de René Garrigues
http://pagesperso-orange.fr/r.garrigues/fr/textesrecents/La_Femme-Insecte.htm

La Reine Abeille

La Vierge aux cerises

Coup de soleil

Sunrise

Saxo

Rose in the wind

Les rendez-vous d'Hortense