Richesse, profit et spéculation
1988 • 174 pages

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Extrait : Salvador Dali

II y a bien entendu des exceptions. Par exemple, Salvador Dali a parcouru "cette difficile route du classicisme, où une maladresse ne peut jamais être prise pour une touche de génie. Seule la tradition apporte quelque chose d'original". Salvador Dali stigmatise "ceux qui cachent sous le clinquant une absence quasi insultante de métier. Si vous vous refusez à étudier l'anatomie, l'art du dessin et de la perspective, les mathématiques de l'esthétique et la science des couleurs, laissez-moi vous dire que c'est plus un signe de paresse que de génie! Ne t'occupe pas d'être moderne, c'est l'unique chose que malheureusement quoi que tu fasses, tu ne pourras pas éviter d'être." Non sans emphase, Salvador Dali déclare qu'il veut "classiciser l'expérience de sa vie, la doter d'une forme, d'une cosmogonie, d'une synthèse et d'une architecture éternelles". Finalement, avec une grandiloquence non dénuée de fondement, Dali énonce ce jugement définitif : "Mes parents me baptisèrent Salvador. Ainsi que ce nom l'indique, je suis destiné à sauver rien de moins que la Peinture du néant de l'art moderne et cela à une époque de catastrophes, dans cet univers mécanique et médiocre où nous avons la détresse et l'honneur de vivre". (Salvador Dali de Draeger, pages 162 et 174).

Extrait de Richesse, profit et spéculation - Page 38.

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