La Vierge aux cerises
Souvenirs d'une autre vie • roman • 1998 • 457 pages

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Extrait : Rendez-vous, Manurêva, sur un autre continent!

Finalement, guéri de son angoisse, persuadé que tout est bien, serein et confiant, Bargemon adressait cette prière à la Vierge aux cerises. Ô toi, sublime jeune fille rêvée dans la jeunesse et cruellement perdue de vue à l'âge mûr, toi dont l'éclipse jetait sur toute chose un voile de deuil et me laissait veuf et inconsolé; ô toi, mère secourable entrevue dans la haute enfance et dont la beauté rayonnante illuminait le monde, tu es réapparue, déesse étincelante, dans le purgatoire démocratique et athée d'un pauvre lycée de province! Tu m'as fait don de ta grâce, et découvrir Dieu et les fruits merveilleux du paradis sur terre et tu m'as réconcilié avec la Femme. Je garde pieusement la prophétie que tu m'as donnée:" Je t'aimerai toujours. Ne l'oublie jamais. Je serai toujours là." Ce roman n'est pas un "simulacre" offert au destin, c'est à toi qu'il est dédié. Il révèle ta véritable nature, et que le destin, après t'avoir dépouillée de ta divinité, n'a emporté qu'un simulacre de toi. Il est la bonne nouvelle de ton apparition et de ton éternité, et tu me souris toujours dans ton manteau blanc sur la place de Puyfol ou dans ton corsage immaculé au bord de la moisson de Varinge. Déjà se manifestent pour moi les premiers signes de décrépitude, mais j'irai confiant en ton image. Répands aussi ta grâce sur ces pauvres humains qui font leur propre malheur et qui vivent sans amour et sans foi. Puisses-tu être heureuse, Manurêva perdue en mer, et rendez-vous sur un autre continent, en une autre vie, ô Barbara, mon amour!

Extrait de La vierge aux cerises - Page 457

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